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Bonjour
J’ai tendu l’oreille au mouvement des indignés parce que comme dit Ch. Dejour dans son petit livre “Souffrances en France” dans nos sociétés modernes la capacité à s’indigner a disparue. Lorsque dans les années 70 le chômage se développe, on se dit que passer la barre du million de chômeurs ce sera la révolution. Nous en sommes aujourd’hui à plus de trois millions or, rien ne s’est passé. On ne s’est pas même indigné d’une telle injustice. Suit un long développement sur le management comme forme de totalitarisme et sur les peurs, les suspicions, les enfermements individuels comme conséquences.
Je crois comme Ch. Dejour qu’il faut retrouver cette capacité à s’indigner de la souffrance qu’elle soit celle du voisin, du collègue ou la sienne propre. Car ceux qui, nombreux, se soumettent aux injonctions du management sont dans le déni de leurs souffrances propres. Ainsi on voit d’honnêtes gens opérer des renversements de valeurs, défendre le mal comme un bien. Et plutôt que de penser le travail comme un élément essentiel du développement de la subjectivité s’engouffre dans un régime de concurrence souvent déloyal contre leurs collègues. Ainsi, il y a ceux qui se maintiennent péniblement en surface et ceux qui sombrent.
Ceci pour dire que nous participons malgré nous, par ignorance ou par peur, à un système odieux dont les résultats devraient commencer à nous indigner si non nous révolter.
J’ai tendu l’oreille aussi parce que ce mouvement n’est pas initié par un parti.
Vous avez l’air de découvrir que nous ne sommes plus en démocratie; je dis moi et je ne suis pas le seul que nous ne l’avons jamais été. Si je m’en tien aux auteurs comme Rosanvallon, Mossé ou Menissier : “Pouvoir du peuple”-”On (à Athènes) entend par démocratie un système dans lequel les citoyens décident des lois et prennent les décisions au sein de l’assemblée en votant à la majorité, mais aussi en tirant au sort lesquels d’entre eux seront plus précisément chargés de tel ou tel office pour une période déterminée”(Éléments de philosophie politique-ellipses). Bref, ces différents auteurs développe des éléments de légitimité, de désignation par tirage au sort et de contrôle des institutions par les citoyens qui ne figurent pas dans la constitutions du régime que nous vivons. Pour ma part je dénonce la professionnalisation de la politique, qui revient à faire appel à des mercenaires pour sa propre défense. On ne peut attendre aucune loyauté de leur part.
Il me semble que le débat doit se faire à un niveau très technique (hors de toute idéologie) pour résoudre la question de la participation de tous à la délibération démocratique.